Lettres d'Iwo Jima
Voici la critique de "Lettres d'Iwo Jima" deuxième partie du diptyque de Clint Eastwood, débuté avec "Mémoires de nos pères". Présentation.

Synopsis: En 1945, les armées américaine et japonaise s'affrontèrent sur l'île d'Iwo Jima. Quelques décennies plus tard, des centaines de lettres furent extraites de cette terre aride, permettant enfin de donner un nom, un visage, une voix à ces hommes ainsi qu'à leur extraordinaire commandant. Les soldats japonais qu'on envoyait à Iwo Jima savaient que leurs chances de survie étaient quasi nulles. Animé d'une volonté implacable, leur chef, le général Kuribayashi, exploita ingénieusement la nature du terrain, transformant ainsi la défaite éclair annoncée en 40 jours d'héroïques combats. Près de 7000 soldats américains et plus de 20 000 Japonais ont perdu la vie à Iwo Jima. Leur sang s'est depuis longtemps perdu dans les profondeurs du sable noir, mais leurs sacrifices, leur courage et leur compassion ont survécu dans ces Lettres.
Il y a de cela quelques mois, Clint Eastwood revenait en force sur les écrans avec « Mémoires de nos pères », ce dernier était annoncé comme étant le premier opus d’un diptyque sur le conflit américano-japonais qui a eu lieu sur l’île d’Iwo Jima durant la seconde guerre mondiale. Le deuxième opus baptisé « Lettres d’Iwo Jima » vient d’arriver sur nos écrans. Là où « Mémoires de nos pères » présentait le conflit du point de vue américain, ce nouveau film, lui, nous livre une vision unique du conflit en nous le présentant du point de vue japonais, fait remarquable dans l’histoire du film de guerre, le point de vue de l’ennemi étant peu souvent abordé et encore moins lors d’un long-métrage lui étant entièrement dédié.
Mais « Lettres d’Iwo Jima » n’est pas une simple copie de « Mémoires de nos pères » qui serait cette fois exploré du côté japonais. De toute évidence, « Lettres d’Iwo Jima » possède une cohérence qui lui est propre et ne traite pas du même sujet que le film qui le précède. Là où Eastwood parlait d’héroïsme et de mémoire ainsi que de leur utilisation à but propagandiste dans « Mémoires de nos pères », ici, il dresse l’émouvant portrait d’hommes qui vont se sacrifier pour leur patrie, se battre pour une cause qu’ils savent perdue d’avance.
L’ombre de la mort plane sur tout le film, notamment grâce à la photographie désaturée de Tom Stern qui approche parfois le noir et blanc. Eastwood dénonce l’atrocité et l’absurdité de la guerre et notamment de ce conflit où des milliers de japonais furent envoyés au sacrifice alors que la guerre était d’ores et déjà perdue. Il fait ainsi l’apologie des valeurs humanistes et du dialogue entre les cultures à l’instar de cette émouvante séquence où un soldat japonais lit à ses hommes la lettre de la mère d’un jeune soldat américain défunt qui était leur prisonnier, ce qui sera un des seuls vrais moments de partage (indirect) entre les deux camps ennemis.