Sunshine
Voici comme promis le grand retour des critiques de films qui seront à présent notées sur 5 points. Explication de la signification des notes ci-dessous (Les éventuels demi-points servant à nuancer le propos) :
Signification des notes :
0/5 : A éviter
1/5 : Médiocre
2/5 : Passable
3/5 : Bon
4/5 : Très bon
5/5 : Chef d’oeuvre
Sur ce, place à la critique de Sunshine !

Synopsis : En cette année 2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes dirigé par le Capitaine Kaneda est le dernier espoir de l'humanité. Leur mission : faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l'activité solaire. Mais à l'approche du soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d'ICARUS I, disparu sept ans auparavant. Un terrible accident les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission essentielle pour l'avenir de l'humanité.
Danny Boyle est un cinéaste capable du pire (La plage) comme du meilleur (Trainspotting, 28 jours plus tard). Réalisateur éclectique, il n’hésite pas à aborder divers genres cinématographiques. Avec « Sunshine » il réalise son premier (et dernier selon ses dires) film de science-fiction. Et le coup d’essai est devenu coup de maître ce que je vais essayer de vous expliquer au long de cette critique.
Sunshine éblouit (ahaha le jeu de mots) essentiellement par la mise en scène de Danny Boyle et le travail exceptionnel de son chef opérateur Alwin H. Kuchler. En effet, la lumière dans le film bénéficie d’un traitement particulier dans le sens où deux grandes ambiances colorées se dégagent (excellent étalonnage soit dit en passant) une lumière à tendance bleutée et donc froide pour les scènes situées à l’intérieur du vaisseau Icarus II et une lumière à tendance jaune orangé pour les scènes extérieures et mettant en jeu le fameux astre et objet de la quête de nos héros : le soleil. L’idée de séparer les espaces de manière bien nette par la lumière est une belle trouvaille et la transition entre les espaces ne se ressent pas violemment à l’écran. Notons par ailleurs que la représentation du soleil est assez magistrale dans le sens où le travail sur la lumière est si fin que l’on est presque ébloui part l’écran de cinéma (une première pour moi).
Revenons à la mise en scène : filmer un quasi huis-clos dans un vaisseau spatial n’est pas chose aisée surtout lorsqu’il s’agit de variation de mise en scène. Mais Danny Boyle relève ici le défi haut la main en apportant d’ailleurs quelques trouvailles bien pensées comme la caméra interne aux casques de scaphandres qui nous font ressentir la claustrophobie des personnages. Les mouvements de caméra et la mise en scène sont globalement bien pensés et très variés ce qui ne laisse jamais une impression de déjà-vu.
Des références à « Alien », « 2001, l’odyssée de l’espace » et « Solaris » notamment sont revendiquées mais une certaine distanciation est prise par rapport à ces dernières ce qui donne au film un statut vraiment unique. On reprochera néanmoins quelques ficelles qui peuvent apparaître comme des solutions de facilité à l’image des effets bizarres de flou en présence de Pinbaker et comme les images subliminales utilisées lors de l’entrée dans Icarus I afin de relancer la tension et l’attention du spectateur qui aurait pu se relâcher, j’y reviendrais quand j’aborderais le scénario.
Du côté de la direction d’acteurs on peut la qualifier de fine car chaque acteur livre ici une performance incroyable. Je retiendrais plus particulièrement Cillian Murphy (un vrai caméléon au jeu incroyable), Rose Byrne (très touchante), Michelle Yeoh (au top) et Hiroyuki Sanada (qui interprète avec sobriété et maîtrise le capitaine Kaneda). La direction artistique est aux petits oignons avec de merveilleuses idées comme le jardin à oxygène (malheureusement légèrement sous-exploité) et les scaphandres dorés.
De son côté le travail du son est tout bonnement extraordinaire et vous collera plus d’une fois à votre siège en agrippant les accoudoirs. Le gros reproche que l’on peut faire au film est la structure dramaturgique de son scénario. Ce dernier, divisé en deux parties différentes et inégales laisse une impression d’inachevé. Après une première partie (les ¾ du film) absolument brillante et passionnante de bout en bout avec néanmoins une cascade d’obstacles assez vertigineuse qui en devient moins crédible, la deuxième partie change totalement de registre s’apparentant plus au slasher movie avec des scènes parfois à la limite du ridicule (voir la position de méditation avec la pousse dans les mains au milieu du jardin calciné…).
Cela colle mal et gâche un peu la dimension métaphysique amorcée dans la première partie en revenant à un schéma manichéen standard c'est-à-dire d’un côté Pinbaker l’illuminé (aha) et de l’autre notre gentil héros. Heureusement que le traitement efficace de Boyle fait passer de justesse la pilule. Inutile de vous cacher que le tout se conclut sur un formidable happy end qui était de circonstance. Sunshine n’en reste pas moins un film de grande qualité et d’une splendeur visuelle assez incroyable. Un must-see.
Note : 3,5/5
La note baisse à cause du scénario mal agencé dont la deuxième partie, plus conventionnelle boursoufle un peu le récit. Sunshine n’en reste pas moins un des meilleurs films de science-fiction qu’il m’ait été donné de voir au cinéma depuis longtemps. Une réussite.