Présentation

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Essais

Bonjour à tous !

 

Aujourd’hui je vous propose un nouvel essai sur le cinéma qui a pour sujet l’adaptation cinématographique d’œuvres littéraires et le problème que pose leur transposition à l’écran. Bonne lecture et n’hésitez pas à laisser vos commentaires, avis et autres !

  adaptation-affiche.jpg

Comme le souligne l’affiche de ce merveilleux film qu’est « Adaptation » de Spike Jonze, l’adaptation n’est pas une chose aisée. La forme littéraire et la forme cinématographique ne sont certes pas si éloignées l’une de l’autre. La différence majeure est qu’en lisant un livre on s’en imagine sa propre version alors qu’au cinéma nous sommes face à une vision particulière, celle d’un auteur, qui nous est imposée. Peut-on passer correctement de la forme littéraire à la forme cinématographique ? La forme littéraire est plutôt exclue du cinéma sauf dans des cas particuliers et le premier me venant à l’esprit est « Ne touchez pas à la hache » l’adaptation récente de Balzac par Jacques Rivette.

  adaptation.jpg

 Littérature et cinéma sont deux langages très distincts et le problème actuel est que beaucoup trop de personnes ont tendance à négliger ce point. Il en résulte un nombre incalculable d’adaptations littéraires qui sont de vraies déceptions. Adapter un livre de manière correcte au cinéma est-ce impossible ? Je ne le pense pas. Mais un tel processus force à faire des choix. En effet, il est impossible et impensable de porter à l’écran tous les détails contenus dans un livre. De même, un bon livre ne fait pas forcément un bon scénario.

  plume.jpg

A mon sens, les adaptations actuelles sont pour le plus grand nombre décevantes. Je l’explique par une chose toute simple : les auteurs et réalisateurs en charge ne se détachent pas assez du matériel littéraire mis à leur disposition. Voulant être trop respectueux de l’œuvre à adapter, ils n’y insufflent pas leur vision personnelle, de peur de décevoir le public qui a apprécié le livre. Un réalisateur qui avait bien compris qu’il fallait opérer de la sorte, et se détacher du matériel originel mis à sa disposition est Stanley Kubrick.

  stanley-kubrick.jpg

Ce dernier se détachait parfois tellement des livres que cela lui valait un rapport plutôt conflictuel avec les auteurs de ces derniers. Mais il suffit de revoir « Shining », « Full Metal Jacket », ou « 2001, l’Odyssée de l’espace » pour se rendre compte du génie qu’avait Kubrick dans l’adaptation. Il savait imposer sa propre vision et doubler ainsi celle proposée par l’auteur du livre. C’est un véritable approfondissement que proposait Kubrick à son public et cela ça n’a pas de prix. C’est de nos jours il me semble une solution qu’il faudrait envisager.

Livres.jpg

J’en veux pour preuve un autre exemple de détachement de l’œuvre originale qui a donné un chef-d’œuvre du cinéma : « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola. Le véritable enjeu d’un auteur-réalisateur ou d’un scénariste s’attaquant à une adaptation est donc de réussir à se débarrasser de toute forme littéraire (à moins que la conserver soit un choix artistique conscient ou nécessaire) et d’opérer un passage, que l’on sait difficile, d’un langage à l’autre. Adapter c’est donc avant tout traduire. Mais c’est aussi faire des choix difficiles et approfondir, voire se réapproprier le contenu de l’œuvre originelle.

fin.barton.fink.jpg

En ce sens, si beaucoup d’adaptations cinématographiques de livres à succès sont opérées, du fait de la fascination et du matériel de base qu’ils fournissent à des auteurs et/ou réalisateurs (et notamment ceux qui sont en manque d’inspiration), il est de moins en moins rare de voir les auteurs de ces œuvres littéraires vouloir ou opérer un passage derrière la caméra. Ainsi, ils pensent conserver l’intégrité de leurs œuvres. Mais n’est pas réalisateur qui veut et nous en revenons au fameux point souligné quelques lignes plus tôt : la différence des deux langages.

 

Dernièrement nous avons ainsi pu voir Bernard Werber passer derrière la caméra (non sans une certaine once d’intérêt) et d’autres se rajoutent à la liste en la personne de Marc Levy (sic) et Michel Houellebecq qui adapte en ce moment même son roman « La possibilité d’une île ». Cependant, dans ce dernier cas, l’auteur est un ancien élève de l’école Louis Lumière ce qui change beaucoup de choses. Je terminerais par ailleurs cet essai par une citation d’un illustre anonyme: « C'est au commerce de s'adapter à l'art, et non pas à l'art de s'adapter au commerce ». A méditer.

Bonjour à tous,

 

Je continue de publier des « essais » sur le cinéma dans la lignée de l’article précédent « Le plaisir de la salle ». Aujourd’hui intéressons nous au « Travail de l’acteur ». Cet article présente bien sûr une vision totalement subjective de ce travail et ne saurait être représentatif de l’éventail de visions que l’on peut avoir sur la question. Pour commencer cet article il est nécessaire de parler des diverses visions que l’on peut rencontrer par rapport à ce travail de l’acteur et au travail avec l’acteur. Pour cela intéressons nous à celles de quelques grands cinéastes. Bien entendu cette liste est loin d’être exhaustive car chacun possède sa manière de voir les choses et sa propre méthode de travail avec les acteurs. C’est d’ailleurs une des caractéristiques qui rend ce métier si riche et humainement très intéressant.

  travail-acteur-1.jpg

Ainsi, chaque cinéaste évolue à sa manière : certains ont une peur panique voire une haine des acteurs (Lars Von Trier par exemple) probablement (et souvent de leur propre aveu) car ils ont peur que ceux-ci « s’emparent » du film ; alors que d’autres les aiment profondément (ce qui est notamment le cas de Pedro Almodovar). Certains réalisateurs refuseront de diriger les acteurs y voyant une forme d’autorité malvenue, d’autres ne jugeront que par cela, parfois même un peu trop, ce qui les amène à réduire la liberté de leurs acteurs. Certains d’entre eux vont jusqu’à considérer les acteurs comme des outils les aidant à mener à bien leur film au même titre que le ferait une caméra. De même, certains préfèreront travailler avec des acteurs exclusivement amateurs (Bruno Dumont par exemple).

  travail-acteur-2.jpg

Il y a même parfois des cas très particuliers qui mènent à des travaux et des emplois intéressants tels ceux de Robert Bresson qui se refusait à parler d’acteurs mais qui recherchait ce qu’il nommait des « modèles ». Essayons de résumer sa vision : pour Bresson différence est faite entre le cinéma, art descendant du théâtre ou tout n’est que paraître et donc par extension le jeu des acteurs qui justement jouent quelqu’un qu’ils ne sont pas; et le cinématographe qui lui est un art « pur » (avec toutes les réserves que l’emploi de ce terme implique) et qui utilise des modèles qui sont les personnages, qui les vivent; ce qui fait du cinématographe un art plus proche du réel et donc non affilié au théâtre. J’invite ceux que cette vision particulière intéresse, et qui veulent approfondir le sujet, à lire ou consulter « Notes sur le cinématographe » de Robert Bresson (aux éditions folio).

  travail-acteur-3.jpg

Nous en venons donc à des problématiques telles que : « Qui construit le personnage ? Le réalisateur ? L’acteur ? Les deux ? », « Un acteur doit-il forcément être dirigé ? ». Et puisqu’on ne le répétera jamais assez, il serait stupide de dire que telle théorie serait meilleure qu’une autre. Tout dépend de l’emploi que l’on en fait et de la personne qui l’emploie. Un exemple très représentatif est l’ « Actor’s studio » américain au sein duquel s’oppose deux méthodes de formation et donc deux visions du travail de l’acteur sur son personnage. Approfondissons cela.

  travail-acteur-4.jpg

L’une privilégie l’intériorisation et l’utilisation de ses sentiments et souvenirs personnels, une autre s’oriente vers l’extériorisation. Robert De Niro et Al Pacino viennent de l’Actor’s Studio et ont été chacun formés respectivement à une de ces méthodes ce qui oppose leur façon de travailler en tant qu’acteur. Mais pouvons nous pour autant dire que l’un est foncièrement meilleur que l’autre ? (ce qui au passage reviendrait à comparer les deux méthodes). Ce serait stupide. Que ceux qui ont du mal à s’en convaincre revoient « Heat » de Michael Mann. Voyons voir désormais comment je considère la question.

  travail-acteur-5.jpg

Selon moi, l'acteur doit être quelqu'un d'ouvert sur le monde, capable de capter en lui comme dans la vie en général le matériel dont il aura besoin dans la création et la composition des différents personnages qu'il aura à incarner. La mission de l'acteur est de s'approprier et de construire ces personnages en collaboration avec le réalisateur, il doit se faire littéralement "habiter" par son rôle pour cela il doit être ouvert au dialogue et surtout ne pas s'effacer, proposer des choses et accepter les remarques, travailler dans le sens de son personnage et accepter de parfois perdre un peu de vue la frontière qui sépare fiction et réalité c'est ainsi qu'il devient le personnage, il doit le vivre et ne pas se contenter de le jouer en cela sa ou ses techniques l'aident mais ne doivent pas le limiter.

  travail-acteur-6.jpg

De même, lorsque l’on est acteur il faut apprendre à parfois lâcher prise et accepter de ne pas savoir ce que l’on fait et où l’on va. L’acteur doit donc créer une relation de confiance avec le réalisateur. Ce dernier doit être pour lui un soutien, un appui. Leur travail commun se doit d’être une collaboration et non pas se transformer en diktat de la part d’un ou de l’autre. Les visions et conceptions sont certes différentes mais chacun doit essayer de comprendre l’autre. Acteur et réalisateur sont en effet interdépendants et doivent apprendre à co-exister sur le plateau. Pour cela, l’outil majeur est la communication. A l’image d’un couple, une bonne communication est la base de toute entente cordiale (et si possible de longue durée).

 

Il me paraît évident que le personnage se construit à deux : il n’appartient entièrement ni au réalisateur ni à l’acteur mais bel et bien aux deux (et aussi au scénariste si celui-ci est différent du réalisateur). Chacun possède sa vision du personnage et je pense que l’acteur doit arriver plus ou moins à s’approprier le personnage par le biais de la vision que le réalisateur en a. Une telle méthode, n’est bien sûr pas simple à mettre en œuvre mais elle permet à l’acteur de garder une plus grande liberté artistique. De la direction d’acteurs donc, oui, mais pas n’importe laquelle. Le réalisateur doit savoir exprimer sa volonté dans des termes « traduisibles » aisément par l’acteur ce qui fait de la direction d’acteur une chose assez délicate et très personnelle. Mais cette direction reste nécessaire sous peine que l’acteur produise une performance qui ne correspondra pas aux attentes du réalisateur. Preuve que rien n’est simple et que le travail de l’acteur est avant tout un art de la négociation et du compromis.

 

Je terminerais en vous redirigeant vers une série d’articles vraiment très bien faits. Il s’agit de portraits d’acteurs et d’actrices coréens/coréennes. Les portraits sont de grande qualité et l’article de départ vous permet de voter pour vos acteurs préférés. Si comme moi vous êtes fan de cinéma coréen je vous invite à découvrir ces articles sur le blog de Pierre et Hyewon.

Bonjour à tous !

 

Je vous proposerais à présent, plus ou moins régulièrement, une série d’articles qui s’apparentent à des essais sur le cinéma. Aujourd’hui, je m’interroge sur le plaisir de la salle de cinéma, sujet contemporain qui est souvent abordé ces derniers temps et qui le fut notamment à l’occasion du dernier festival de Cannes où le film collectif « Chacun son cinéma » en faisait son thème central.

  Le-plaisir-de-la-salle.jpg

En effet, à l’heure où la diffusion des films est de plus en plus facilitée et encouragée par le développement de nombreux supports tels que les VHS (désormais factices), DVD, HD-DVD, Blu-Ray, télévision par satellite et autres… et des dispositifs de « Home cinema » (littéralement : « Cinéma à la maison ») et autres rétroprojecteurs dont la qualité ne cesse de s’accroître; on peut se demander quel intérêt on peut encore trouver à aller au cinéma.

 

En effet, réfléchissez-y : celui-ci nous demande de faire l’effort de nous déplacer pour aller voir un film en compagnie d’autres personnes. Pourquoi ne pas rester à la maison, seul, ou en famille afin de regarder un film en toute tranquillité bien installé sur son canapé ? Il n’est donc pas étonnant de voir de plus en plus de personnes arrêter purement et simplement d’aller au cinéma. Je ne suis pas ici pour juger et je ne dirais pas que ces personnes ont tort. Mais je vais tenter dans cet essai de vous exposer ce qui selon moi fait tout le charme et les atouts de la salle de cinéma. Ce qui pour moi la rend (pour le moment du moins) irremplaçable.

 

L’atout principal de la salle de cinéma, en dehors de toute considération technique (sur lesquelles je reviendrais néanmoins un peu plus loin) c’est l’ambiance qui s’y dégage. En cela, le décor possède ici une importance primordiale. C’est bien sûr plus ou moins vrai selon les cinémas mais pensez, amis parisiens, à la grande salle du Rex par exemple… Mais quel qu’il soit, chaque cinéma possède son ambiance, sorte d’atmosphère mystique propre à chaque salle où se déroule un spectacle que l’on considérait, à ses débuts, magique. Magique, l’expérience le reste malgré tout même si désormais n’importe quel spectateur lambda est « formé » même inconsciemment par les images foisonnantes qui l’entoure.

  projecteur.jpg

Malgré cela, bien qu’ayant connaissance de la nature technique du cinéma, chaque spectateur se laisse pourtant transporter à chaque projection, étrange rituel collectif à tendance narcissique. Oui, narcissique, car c’est nous que nous venons voir à travers ce grand rectangle blanc sur lequel est projeté un « simple » faisceau de lumière qui nous dérobe à notre réalité afin de mieux nous plonger dans une autre, que l’on pourrait qualifier d’ « hyper-réelle ». « Plus réel que le réel, c’est ainsi que l’on abolit le réel » disait Baudrillard…

 

Mais revenons-en à l’ambiance. Passé la découverte du décor, vient l’installation dans un fauteuil, confortable, dans lequel le spectateur peut se blottir et se laisser aller, se préparant pour le voyage mental qui va suivre. Le fauteuil apparaît alors comme un cocon protecteur et participe à l’ouverture de l’intérêt du spectateur, je suis même tenté de dire à l’éveil de sa conscience. Car sous son apparence anodine, ce fauteuil nous met déjà en conditions de réception du film. Nous sommes alors plus attentifs que si nous étions chez nous, libres de se déplacer comme bon nous semble et d’interrompre le film à convenance.

 

Les lumières s’éteignent alors progressivement (ou brutalement… Tout dépend une nouvelle fois de la salle dans laquelle vous vous trouvez) et le voyage peut alors commencer. On glisse ainsi petit à petit dans un autre univers… un univers que l’on serait tenté de qualifier d’onirique même si là n’est pas son essence. Car le cinéma, de par sa nature, se rapproche du rêve. On y rêve les yeux ouverts, bercés par un processus se rapprochant de l’hypnose.

  fauteuils.jpg

Mais aller au cinéma, c’est aussi se retrouver dans une salle avec des inconnus et partager avec eux une expérience collective qui malgré son statut reproductible est pour chacun unique. Par ailleurs, comme Roland Barthes le soulignait dans son essai « En sortant du cinéma » ce partage à quelque chose d’ « érotique » car c’est une expérience qui est paradoxalement intime et collective à la fois. Je vous invite à vous reporter à ce texte pour explorer cette théorie plus en détails.

 

Enfin, comment parler de la salle de cinéma sans parler des conditions de projection proprement dites. Tout y contribue à une immersion totale dans la diégèse du film projeté : son environnant, pour ne pas dire enveloppant, et puissant qui nous plonge dans l’univers sonore du film et cette toile géante offerte à nos regards et sur laquelle peuvent se matérialiser nos rêves les plus fous. Autant de choses que le « home cinema » est encore loin d’égaler.


Mais il est vrai que la salle de cinéma possède aussi ses désagréments… Qui n’a pas été gêné par des spectateurs intempestifs qui se mettent à téléphoner en pleine séance, à parler tout le long du film à voix haute, à manger du pop-corn ou des bonbons de façon bruyante ?… Mais cela fait aussi partie intégrante de l’expérience de la salle et contribue à sa spécificité (Même si ça agace c’est vrai).

 

Vous l’aurez donc compris : à l’image des êtres humains, chaque séance et chaque salle de cinéma se ressemble tout en revêtant un caractère unique. Et c’est, entre autres, pour cela que le Septième Art n’est pas prêt de rendre l’âme… pour notre plus grand plaisir de spectateur.

Catégories

Images aléatoires

  • IMGP1206.JPG
  • Catherine, dans ses retranchements
  • H-l-ne-pr-te---plonger.jpg
  • _IGP6574.JPG
  • DSC05663.JPG

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés