"ça [le silence tue]" - Interview de Catherine Decastel - metteur en scène

Publié le par Alban

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1) Bonjour Catherine. Merci d’avoir accepté de répondre à cette interview. Nous t’avons connu ici même, il y a quelques années en tant que photographe et comédienne, aujourd’hui tu nous dévoile une autre de tes facettes, la mise en scène théâtrale. Peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et ton parcours ?

 

Je me suis, plus particulièrement, intéressée à la mise en scène ces deux dernières années. J’ai commencé par être assistante mise en scène aux côtés de Jean-Louis Jacopin que j’ai suivi sur deux projets « Signé Topor » au Théâtre du Rond-Point et « Boris vian : Juste le temps de vivre » du CDN Les Tréteaux de France (actuellement en tournée d’ailleurs). Puis j’ai présenté après ces premières expériences une maquette de la première pièce que j’ai écrite « Dieu venge l’innocent en silence – Imana Ihora Ihoze » publiée aux Editions l’Harmattan.

 

Forte de cette première expérience de metteur en scène, j’ai poursuivi mon « apprentissage » si je puis dire, en assistant Christian Benedetti cette saison sur deux projets : « New-York 2001 » de Christophe Fiat qui se jouera de nouveau en mai au Théâtre-Studio et « Piscine [pas d’eau] » de Mark Ravenhill qui se joue actuellement. Je me lance donc dans une première « vraie » mise en scène avec cette nouvelle pièce « Ça [le silence tue] ».

 

2) La pièce s’appelle donc «  Ça » et est sous-titrée [Le silence tue]. Pourquoi avoir choisi ce titre ? Que désigne-t-il ?

 

« Ça » est un mot qui revient en permanence dans la bouche des victimes de viol, d’agression sexuelle, d’attouchements, d’inceste. C’est le thème de ce spectacle. Et « le silence tue » fait référence au tabou. A cette volonté de silence qui persiste dans notre société.

 

3) Comme tu le dis justement, le viol reste un sujet tabou au sein de la société actuelle. En conséquence as-tu rencontré des difficultés pour monter ce projet ?

 

Non pas vraiment, parce que c’est plus insidieux que cela. Tout le monde est d’accord sur le fait de dire que ce n’est pas bien, que c’est dramatique, que ça ne devrait pas exister. Mais le tabou reste au niveau de la prise en charge collective, de l’humanité qui permet cela. Le viol n’est possible que lorsque les interdits sont franchis. Ces interdits sont brisés dès la première violence. Comment nous, êtres humains, nous pouvons prendre en charge cette violence pour tenter de changer notre condition humaine, voilà la question qui me fait m’intéresser à ce sujet.

 

4) On remarque au sein du dossier de presse, la présence d’un chœur sur scène, au milieu de personnages que tu as désirés anonymes, peux-tu nous expliquer ce choix et sa fonction au sein de ta pièce ?

 

Le chœur représente toujours la société. Le chœur en l’occurrence a la fonction de défendre le tabou. De défendre une société dans laquelle on ne se pose pas trop de questions gênantes par rapport à nous même.

 

5) De même tu sembles avoir voulu un travail spécifique sur l’expression corporelle et la danse au sein de ta pièce, pourquoi ce choix ?

 

La danse est un bien grand mot. Je ne voulais absolument pas tomber dans le pathos. La pièce parle du point du vue des victimes, elle porte sur des témoignages. Je voulais que l’on recherche théâtralement ce que pouvait être la blessure des corps. La cassure.

 

6) Il y a environ un an, tu présentais un Work in progress d’une autre pièce que tu as écrite et mise en scène : « Dieu venge l’innocent en silence ! » qui traitait du génocide Rwandais. D’où te viens ce goût des sujets forts et engagés ?

 

Je m’intéresse au monde qui m’entoure. J’écoute. Je regarde. Je partage. Je souffre avec ceux que j’écoute et que je vois. Et l’ensemble me révolte.

 

7) Quels sont tes projets dans un avenir proche ?


Je suis en cours d’écriture de deux nouveaux projets, un très personnel, très proche de moi, très autobiographique. L’autre sur les violences parentales.

 

8) As-tu quelque chose à ajouter ? 

 

Je souhaiterais simplement dire que cette pièce est pour moi une invitation à la réflexion, au débat, au partage. Il s’agit de se réunir dans un lieu que l’on nomme théâtre, d’y partager une douleur humaine universelle et de réfléchir ensuite à ce que l’on en fait. Comment on la prend en charge collectivement pour penser ensemble une autre humanité, un autre monde.

 

 

Propos recueillis à Paris par Alban Ravassard, le 16 février 2010

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