Bug

Publié le par Alban

Bonjour !

On connaît William Friedkin essentiellement pour "l'exorciste" summum du film d'horreur devenu culte. Le réalisateur a ensuite réalisé nombre de films inégaux. Aujourd'hui il revient sur les écrans pour le meilleur avec Bug, l'adaptation d'une pièce de théâtre. Présentation.


Synopsis : Agnès vit seule dans un motel désert. Elle est hantée par le souvenir de son enfant, kidnappé plusieurs années auparavant, et redoute la visite de son ex-mari, Jerry, un homme violent récemment sorti de prison. Dans cet univers coupé du monde, Agnès s'attache peu à peu à un vagabond excentrique, Peter. Leur relation tourne au cauchemar lorsqu'ils découvrent de mystérieux insectes capables de s'introduire sous la peau. Ensemble, ils vont devoir découvrir s'il s'agit d'une folie partagée ou d'un secret d'Etat...

Dès le début du film l'ambiance est posée, un splendide plan aérien nous place au milieu du désert dans un motel miteux et isolé. Le son éreintant d'un téléphone nous dérange : à l'autre bout du fil personne. Sur un synchronisme avec le bruit quand Agnès raccroche, apparaît le titre. La paranoïa peut commencer... Tout dans Bug est fait pour rappeler qu'il est issu d'une pièce de théâtre : le peu de nombre de personnages, le huis clos, le jeu d'entrées/sorties. Et il faut dire que Friedkin filme le tout d'une main de maître et nous tient en haleine de bout en bout de ce récit cauchemardesque.

Entre le début et la fin il aura réussi à nous terroriser, à nous émouvoir, à nous faire rire. Les genres, les ambiances se mélangent. Friedkin ouvre toutes les options quand à la source du mal qui ronge Peter et qui contamine Agnès. C'est ce qui fait la force du film. Tout est possible, les pistes sont brouillées, où est la vérité ? A nous de nous forger notre propre opinion. Les acteurs sont littéralement possédés (c'est le cas de le dire) on les croirait en état de transe de bout en bout et nous livre une performance tout simplement ahurissante. Certaines scènes sont magnifiques comme cette scène d'accouplement qui n'est pas san rappeler celle des insectes et pendant laquelle Friedkin se focalise sur la salive et l'échange de fluides corporels (ahem!) qui sont un prélude à la contamination d'Agnès par Peter.

Cette dernière dépendante de son amour pour cette homme qui naît de sa grande détresse et de sa solitude. Afin de ne pas perdre ce nouveau soutien elle plonge dans la paranoïa et la partage avec celui qu'elle aime. Elle sera parsemée de quelques moments de doutes mais qui s'envoleront (c'est le cas de le dire ahaha!) bien vites. AU niveau technique le film impressionne par la force de sa mise en scène (fabuleux exercice du huis clos), de la beauté de sa lumière qui pose des ambiances cauchemardesques et marquées, un montage très bien maîtrisé, un travail sur le son poussé mais jamais poussif.

Fridekin fait un retour en force et en grâce avec ce film sidérant qui vous fait presque devenir paranoïaque à la fin de la séance. Le tout est très éprouvant et malsain mais captive de bout en bout. Une expérience intense et radicale qui ne laissera personne indifférent. Un grand film et un grand metteur en scène. A ne pas rater si vous n'êtes pas trop sensibles ou cinéphiles tout simplement !

Publié dans Critiques de films

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