La vie des autres

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Voici la critique d'un film allemand magistral : "la vie des autres". Présentation.


Synopsis : Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georges Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent aux idées du parti. Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus...

Dès la première séquence de son premier long-métrage, Florian Henckel von Donnersmarck, jeune réalisateur allemand de 33 ans, dresse le portrait de la RDA à travers sa police politique : la STASI. Elle est inhumaine, laborieuse, d’une cruauté perverse, distillant une peur  innommable chez ses citoyens. L’officier la représentant en est l’incarnation parfaite. En effet, Geird Wiesler est un véritable technicien de l’oppression, implacable et froid à l’image de la lumière et des décors présentés.

Le ton est donné, la machine politique est lancée et semble ne pas pouvoir être arrêtée jusqu’à ce qu’y pénètre une dimension humaine incontrôlable : les sentiments et notamment l’amour. Une véritable partie d’échecs se met alors en place entre les différents personnages et deux camps se dégagent : d’une part la STASI et de l’autre un groupuscule d’artistes se décidant à agir. La partie s’envenime et aucun d’entre eux n’en ressortira indemne.

Dans une scène émouvante, Geird Wiesler, à trop voir et entendre depuis son poste d’écoute, se rend compte de la futilité de son existence : simple pantin du système, exploité par la STASI, il n’est qu’un être misérable et méchant, presque déshumanisé. Le film quitte alors sa dimension clinique et quasi documentaire pour devenir une formidable fable humaniste, proche du thriller d’espionnage, d’une efficacité redoutable et portée par une myriade d’acteurs fabuleux.

Ce premier long-métrage magistral a gagné de nombreux prix à travers l’Europe, et cela est largement mérité tant son réalisateur fait preuve d’une maîtrise incroyable de son sujet et de sa mise en scène, sondant les êtres humains au plus profond d’eux-mêmes et dressant le portrait effroyable d’un système déchu, avec brio et objectivité. Gageons que si Florian Henckel von Donnersmarck continue sur cette voie il faudra alors le compter dans la catégorie des futurs grands cinéastes contemporains.

Publié dans Critiques de films

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