Babel

Publié le par Alban

Hello tout le monde,

Pour cause de période de travail intensif, j'ai pris du retard dans la tenue de ce blog. 3 critiques de films à écrire et à poster. On commence par la critique de "Babel" d'Alejandro Gonzalez Innaritu, qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes cette année. Présentation.


Synopsis
: En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

J'attendais ce nouveau film de Inarritu de pied ferme et depuis un bon moment... Sa consécration à Cannes avec le prix de la mise en scène n'avait fait qu'attiser mon attente. A sa sortie je me suis donc précipité vers les salles obscures pour me rassasier des 2h15 de spectacle que j'avais tant attendu. Peut-être trop attendu. Car Babel m'a laissé un goût de déception. Là où les critiques semblent être dithyrambiques, moi je suis plus mitigé. Explication ci-dessous.

Tout d'abord il faut préciser que Babel s'inscrit dans une trilogie du "destin" dont les deux précédents volets (grandioses) sont "Amours chiennes" et "21 grammes". Cette fois, ambitieux, le réalisateur mexicain et son fidèle scénariste (Guillermo Arriaga qu'on ne présente plus : prix du scénario à Cannes 2005 pour trois enterrements, auteur des scénarios des 2 précédents opus... un maître) étendent leur terrain de jeu au monde entier, reprenant un fameux thème biblique pour nous montrer que dans un monde moderne où les possibilités de communication sont innombrables, la solitude et l'isolement n'ont jamais été aussi présents.

C'est bien de communication, d'isolement et de solitude que parle Babel, reprenant donc l'histoire de la fameuse tour de Babel et des différentes langues parlées sur terre, qui sont autant de frontières à la compréhension et à l'entente. Le scénario, brillant, n'en est pas moins parfois répétitif et tombe parfois dans le cliché ou la facilité : voir le passage au japon, qui regroupe tout les thèmes poussés à leur paroxysme --> Solitude, isolement, communication inexistante (la fille est muette... un paroxysme un peu déplacé). Passage du Japon où l'on se focalise malheureusement trop sur des problèmes "sexuels" qu'autre chose, amenant des situations rocambolesques et souvent déplacées (la lycéenne enlevant sa culotte et voulant à tout prix avoir des relations sexuelles avec n'importe qui...). On retrouve aussi quelques longueurs (voir les passages au Maroc ou une exposition trop longue selon moi). Bref légère déception...

Reste tout de même des scènes d'une incroyable virtuosité comme la dernière partie au Japon (avec le policier et la jeune fille), la séquence où Brad Pitt téléphone à ses enfants et j'en passe... Heureusement une mise en scène d'un haut niveau vient relier le tout et nous offre un spectacle qui vaut à lui seul le détour : voyez surtout le passage de la balançoire, ou de la boîte de nuit au Japon qui justifient à eux seuls le prix de la mise en scène. J'ai failli finir epileptique.

Niveau casting rien à redire, présence de Cate Blanchett Brad Pitt (touchant et qui joue vraiment bien pour une fois) et Gael Garcia Bernal comme d'inconnus qui sont tous à la hauteur. La qualité de l'interprétation n'est donc absolument pas à remettre en cause loin de là. On notera aussi le formidable travail sur la lumière du chef opérateur attitré d'Innaritu.

Au final Babel est une semi-déception, doté d'une bonne mise en scène il a peut être visé un peu trop haut au niveau de son scénario. Reste le formidable pool d'acteurs qui fournit une représentation juste. Babel vaut  tout de même le déplacement mais n'est pas le chef-d'oeuvre qu'on annonçait.

Publié dans Critiques de films

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moun 02/12/2006 20:13

Je trouve que tu es tombé de haut en voyant le film parfois on attend trop une chose et quand elle arrive on est déçus. Bisous.