Shortbus

Publié le par Alban

Bonjour,

Voici venu le temps (non pas des rires et das chants... quoi que !) mais de faire la critique de Shortbus. Critique tout public pour un film interdit aux moins de 16 ans (fallait bien que je le case quelque part). Présentation avant d'aller plus loin, en tout bien tout honneur cher lecteur/lectrice.

Synopsis : Shortbus suit plusieurs personnages new-yorkais dont les aventures tragi-comiques naviguent entre sexualité et sentiments. Tous fréquentent un club underground moderne, Shortbus, où s'expriment toutes les sexualités. Sofia est sexologue et n'a jamais connu l'orgasme. Avec son mari Rob, elle simule le plaisir depuis des années. Sofia croise Severin, une maîtresse dominatrice qui tente de l'aider.Parmi les patients de Sofia, James et Jamie sont un couple gay qui tente d'ouvrir ses relations sexuelles à un troisième partenaire. James propose une relation avec Ceth, mais Jamie reste sur ses gardes. James semble avoir un projet secret. Il est suivi par un mystérieux observateur, Caleb...

L'affiche est assez explicite pour que je ne revienne pas sur le sujet de Shortbus. Mais là où le film gagne toute sa grandeur c'est justement dans le traitement qu'il fait du sexe. Après une scène d'ouverture sur un New-York en carton (très bonne idée conceptuelle) suivie de très près par des scénes assez extrêmes nous présentant les personnages principaux (les scènes parmi les plus trash du film), l'histoire prend un tout autre tournant. En effet, Shortbus est avant tout un film sur l'amour en sens général du terme. On assiste donc à des scènes diverses de nos personnages nous les introduisant dans leur quotidien, nous rentront dans leur intimité pour mieux nous rendre compte de leur mal-être.

Que ce soit la sexologue qui n'a jamais eu d'orgasme, le couple homosexuel en crise ou la dominatrice sado-maso en quête d'identité, tous tentent de dissimuler leur mal-être (toujours relié à l'amour). Ils se croisent, se découvrent et finissent par tous se retrouver dans le "Shortbus" ce club où tous les interdits sont levés. Au menu partouzes géantes, action-vérité, spectacle vidéo etc... tout y est et pourtant nous ne sommes pas choqués par ces images. Comme l'indique le drag-queen patronne du shortbus : tout le monde est ici car il recherche quelquechose : que ce soit soi-même, le bonheur ou la considération. C'est là que le film verrouille son drame et que l'émotion surgit de l'endroit le plus inattendu. ce ne sont plus des gens recherchant le plaisir sexuel que nous regardons mais bel et bien des gens en mal de vivre, cherchant l'amouret la considération.

Shortbus, avec son sujet délicat avait de quoi dérouter. Et pourtant on se réjouira du traitement qu'en fait le réalisateur. Toujours sobre, jamais surenchéri, le scénario, basé sur les expériences réelles des acteurs prend un air plus tragique qu'autre chose. Sous ses airs provocateurs Shortbus est un superbe film d'amour. Véritable oeuvre à part entière, il pose aussi la question du sexe et de sa relation avec l'amour. Comme le dit si bien l'affiche : "pas d'amour sans amour". Et au delà des images que l'on trouvait de prime abord choquantes se dessinent et se construisent devant nous des êtres humains perdus en quête d'une chose qui les dépasse. Une sorte de "Lost in translation" extrême où l'amour est le sujet principal.

Shortbus est une révolution. Il ose montrer des scènes homosexuelles sans à-prioris ou jugement quelconque. Tout le monde est égal  devant l'amour. On finit donc par s'attacher, voire même s'identifier à ces personnages et le film avançant nous sommes pris dans une spirale émotionnelle vraiment particulière. Des scènes purement sexuelles nous voyons alors de superbes actes d'amour. Shortbus est un film comme il n'y en a nul autre, une formidable réussite qui atteint des sommets d'émotions que l'on aurait pu croire absents à l'origine.

Alors, dépassez les préjugés et vous aussi plongez dans l'aventure Shortbus. Une chose est sûre vous en reviendrez profondément changés.

Publié dans Critiques de films

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moun 16/11/2006 09:35

je serais bien allez le voir mais apparemment il ne passe pas ici. Je verrais bien si dans les semaines à venir il est projeté j'irais peut être. Bisous.