Mémoires de nos pères

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Après un bon nombre de sorties ciné et une foule de taff à faire (qui subsiste d'ailleurs...) j'ai enfin trouvé le temps et le courage de rattrapper mon retard en allant voir "Mémoires de nos pères" le nouveau film de Clint Eastwood. Forcément je l'attendais beaucoup après le chef -d'oeuvre "Million dollar baby"... Réussite ou déception ? La réponse après la présentation habituelle.


Synopsis : Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable, et lui donne des motifs d'espérer. Pour mettre à profit cet engouement, les trois "porte-drapeaux" sont livrés à l'admiration des foules. Leur nouvelle mission : servir leur pays en vendant les précieux Bons qui financent l'effort de guerre. Le laconique John "Doc" Bradley, le timide Amérindien Ira Hayes et le fringant Rene Gagnon se prêtent au jeu avec un dévouement exemplaire. Ils sillonnent sans relâche le pays, serrent des milliers de mains et prononcent des allocutions. Mais, en leur for intérieur, une autre bataille se livre...

Tout nouveau film de Clint Eastwood en tant que réalisateur est un évènement important en soi. Comment pourrait-on affirmer le contraire après les fabuleux "Mystic River" et "Million Dollar Baby" ? Il faut bien avouer que Clint avait la bonne habitude d'enchaîner les chefs-d'oeuvres ces derniers temps. Et ce n'est pas le premier volet de ce diptyque consacré à la guerre d'Iwo-Jima qui arrêtera cette belle lignée.

Eastwood signe ici un film de guerre visant à dénoncer l'utilisation politique abusive faite de l'héroïsme des soldats. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il réussit bien. Il utilise dans ce but une narration déconstruite, où se mélangent flashbacks, flash forwards et moments présents, ce qui rend parfois le tout un peu confus à suivre. La violence est omniprésente et dénonce bien l'horreur de la guerre et l'enfer qu'ont pu vivre les soldats lors de cette guerre. On pense souvent à "Il faut sauver le soldat Ryan" dans le traitement et la mise en scène des combats, jusque dans l'esthétique de l'image. Cependant rien à voir, ici on est loin d'un message patriotique quelconque. Il n'est pas étonnant néanmoins de retrouver Steven Spielberg au rang de producteur...

Que dire d'autre sinon ? L'interpréatation est bonne. La mise en scène élégante et une fois de plus parfaitement maîtrisée. La reconstitution des batailles et notamment du débarquement est saississant de réalisme et véritablement impressionnant. Bon boulot du chef op' aussi pour le travail superbe sur la lumière et surtout pour l'étalonnage très réussi. Ambiance désaturée de photographie de guerre garantie. Eastwood rempli son contrat haut la main et chatouille du bout des doigts le chef-d'oeuvre.

On ne peut vraiment donner d'avis tranché sur Mémoires de nos pères alors que l'on a pas encore vu ce que donnera l'autre moitié du diptyque : "Lettres d'Iwo Jima". Donc rendez-vous début 2007 pour un avis sur l'ensemble. En attendant ne ratez pas "Mémoires de nos pères", il vaut à lui seul le détour.

Publié dans Critiques de films

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Vincent 11/11/2006 14:45

Hi ! C'est vrai, ce film est très beau en ce qui concerne la mise en scène et l'utilisation de la lumière. Par contre, même si le sujet et l'époque rappellent le soldat Ryan de Spielberg, selon moi on ne retrouve pas du tout la même esthétique de l'image. La photo joue sur une "clarté froide" totalement inhabituelle et assez novatrice, j'ai pas l'impression d'avoir vu ça dans n'importe quel autre film.