Le labyrinthe de Pan

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Voici une exclu pour les fidèles lecteurs de mon blog à savoir la critique du Labyrinthe de Pan environ une semaine avant sa sortie officielle en salles. En effet, j'ai eu le plaisir de pouvoir le découvrir en avant-première avant-hier à l'UGC ciné-cité des halles en présence de Mr Sergi Lopez himself. Mais avant d'aller plus loin présentons le film !


Synopsis : Espagne, 1944. Fin de la guerre. Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter...

Bon voilà, après être sorti de cours (photographie... très technique) à 18h45, Vincent et moi courrons au McDo du coin afin d'avaler un burger en quatrième vitesse afin d'être aux Halles à 20H pour l'avant-première. Et là c'est le drame comme dirait l'autre car nous prenons beaucoup de retard et nous retrouvons grave à la bourre, à courir dans le métro et autres joyeusetés. Enfin arrivés au ciné à 19h55 (quand même), Vincent a la mauvaise surprise de ne pas pouvoir retirer sa place. Arrivé trop tard... Les queues à la caisse sont énormes il décide donc héroïquement de m'abandonner et me laisser voir le film. C'est vraiment con après un sprint pareil...

Bref, je me dirige en courant à moitié vers la salle qui est bien sur complètement blindée... Je trouve une place au premier rang sur la droite. C'est pas top niveau vue de l'écran mais on fait avec. Après avoir sympathisé avec mon voisin de droite, nous sommes interrompus par un présentateur ultra enthousiaste quand au film. Visiblement il a adoréet c'est sous les applaudissements que nous accueillons Sergi Lopez dans la salle qui optionnellement passe à 10 cm de moi. Souffle coupé. C'est bizarre de côtoyer une star d'aussi près. Impressionnant.

S'en suit une petite interview du dit monsieur, qui avoue avoir pris un grand plaisir à avoir joué dans ce film et notamment d'avoir pu incarner ce rôle de méchant, très très méchant ! L'interview est courte mais assez jouissive. Sergi Lopez reste ensuite pour regarder le film avec nous. C'est assez rare pour être souligné !

Passons au film en lui-même. La scènes d'exposition du film à la très bonne idée de nous épargner des tonnes de dialogues inutiles pour définir le contexte socio-politique dans lequel on se trouve. Au contraire, Elle pose subtilement et ce dès le départ les bases du parallèle entre monde fantastique et monde réel (et forcément atroce : je vous rappelle que nous sommes dans l'Espagne Franquiste en 1944...). On découvre ainsi notre héroïne, la jeune Ofelia qui est vite confrontée au surnaturel. Et là en 5 ou 10 minutes tout est posé devant nous parfois même sans qu'on le sache. Je m'explique : Tout ce qui va se passer après ou être développé est contenu dans les 5 ou 10 premières minutes du film et parfois même sans que l'on puisse s'en rendre compte.

Guillermo Del Toro maîtrise donc son sujet à la perfection et sait exactement où il veut en venir. Je n'en parlerais pas plus en détails pour ne pas gâcher la surprise... Sachez tout de même que le scénario est un modèle du genre : il est très intelligent et bien construit. L'utilisation du fantastique comme contre-point illustrant l'horreur de la milice franquiste et de la guerre est un coup de génie. Les évènements se complètent sans interagir pour autant et se complètent les uns les autres. Le fantastique représentant le monde de l'enfance et le monde "réel" atroce des adultes se complètent afin de fournir un véritable beau portrait de l'enfance bafouée. Ainsi Ofelia pourrait être identifiée à l'Espagne, refusant de voir ce qui se passe réellement, ce qui aura des conséquences assez désastreuses.

Autant vous le dire tout de suite : "le labyrinthe de pan" n'est pas un film destiné aux enfants. Il est plus à rapprocher de certaines oeuvres de Tim Burton où le glauque se cache sous l'improbable féérie. Ici la violence est graphique autant que morale ce qui m'amène à féliciter plus particulièrement l’équipe des effets spéciaux (notamment de maquillage) qui a du bien galérer mais pour des résultats absolument fabuleux (le passage de la coupure de Sergi Lopez est à en vomir d’admiration lol).

 

Au niveau de son casting le film surprend en alignant beaucoup de seconds rôles admirablement bien interprétés. Les personnages principaux étant incarnés par Sergi Lopez, grandiose en maniaque sadique et sans cœur (il aurait pu gagner le prix d’interprétation masculine sans efforts) et par la jeune Ivana Baquero absolument formidable à qui l’on peut prédire une formidable carrière. Tous deux habitent littéralement l’écran et livrent une interprétation fabuleuse.

 

La mise en scène de Del Toro est fabuleuse et totalement au service de son histoire. Une véritable leçon de cinéma. On ne peut aussi que saluer le travail du chef opérateur de Del Toro qui fourni une superbe lumière au film, lui donnant des dimensions tantôt oniriques tantôt réalistes et inquiétantes. Le jeu sur l’ombre et la lumière est très intéressant.

 

Le Labyrinthe de Pan aurait fait une belle palme d’or et on peut par bien des choses le rapprocher du Vent se lève, la palme de cette année. Notamment au niveau politique. Mais le genre fantastique n’est malheureusement encore pas assez intégré et prêt à recevoir des prix dans les grand festivals mondiaux. Néanmoins sa sélection à Cannes était déjà un grand pas. Gageons qu’avec le brio de gens comme Del Toro d’ici quelques années, la palme reviendra à un film féérique sur fond beaucoup plus noir.

 

Le labyrinthe de pan est une réussite. Un film à ne pas rater sinon vous pourriez le regretter. Alors ? Qu’est ce que vous faites encore là ?


Publié dans Critiques de films

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Alban 27/10/2006 14:59

On avait réservé ! Mais on est arrivé trop tard au ciné, 10 minutes avant la séance si tu n'as pas retiré ta place ils la remettent en vente...

moun 27/10/2006 13:29

C'est qu'en même con de se trouver au ciné et de devoir faire demi tour. Il fallait prendre sa place avant non ?

Vincent 26/10/2006 22:35

Et oui... c'est pas de pot d'avoir loupé la séance. Mais bon c'est pas grave, dans une semaine je pourrai me rattraper...