Cannes jour 3 : Bright star, Thirst, Spring fever et L'épine dans le coeur...

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Grande journée aujourd'hui au festival de Cannes qui s'est pourtant passée sous une pluie abondante en début de journée qui n'a pas laissé les festivaliers indemnes. Aujourd'hui j'ai pu assister à pas moins de 4 projections. Critiques :

1) Bright star de Jane Campion


Mon premier grand coup de coeur du festival. Il faut dire que Jane Campion fait un retour en force marquant dans l'histoire du festival de Cannes. Souvenez-vous... Jane Campion est la seule femme à avoir remporté une palme d'or pour La leçon de piano. J'avais pour ma part été très déçu par In the cut son dernier film en date. Mais cette fois rien à redire. Dès les premiers plans, nous sommes conquis. Cadres parfaits, lumière exceptionnellement douce et enrobante, l'ambiance poétique est d'ores et déjà posée. De poésie il sera question dans cette retranscription de l'idylle qui naît entre John Keats, poète anglais méconnu incarné par un Ben Whishaw en très grande forme et une jeune femme passionnée de mode incarnée, elle, par Abbie Cornish, magnifique interprète tour à tour incandescente et fragile.

Jane Campion déroule habilement son récit dans jamais laisser le spectateur sur le bas côté malgré une petite baisse de rythme pouvant provoquer l'ennui aux alentours des 2/3 du film mais l'on s'accroche tellement aux personnages et aux situations proposées que cela n'est que passager. Notons que le film doit autant à sa mise en scène talentueuse qu'au brio de son couple d'acteurs principaux dont Abbie Cornish qui se place comme une candidate très sérieuse au prix d'interprétation féminine. Bright Star est un film d'époque poétique et magnifique qui dégage une réelle émotion, qui dure bien au delà de la fin de la projection. Un vrai coup de coeur que l'on espère retrouver au palmarès.

2) Thirst de Park Chan-Wook



Grosse attente et légère déception pour le nouveau film du coréen Park Cahn-Wook expert de la vengeance et des film violents ultra-maîtrisés. Cette fois, il s'attaque au mythe du vampire en le plaçant dans un contexte original : c'est un prêtre, qui suite à une expérimentation qui tourne mal se voit transformé en vampire ce qui réveille en lui des pulsions sexuelles refoulées et une terrible soif de sang qu'il tentera d'étancher par tous les moyens. Le film commence très fort et sans s'apesantir, vient très vite à l'essentiel avec l'appui de scènes extrêmements violentes autant que graphiques. On retrouve très vite le style de Park Chan-Wook, notamment son goût très prononcé pour les mouvements de caméra alambiqués mais surtout une esthétique désaturée proprement magnifique. Notons aussi un immense travail effectué sur les décors mais surtout l'interprétation extraordinaire du génial Song Kang-Ho.

Verdict ? Le réalisateur revisite le mythe du vampire en en proposant une relecture fort sympathique et en flirtant avec ses codes. Il en résulte un film très maîtrisé et plaisant mais qui à vouloir partir dans tous les sens se perd dans la multitude de ses propos et nous laisse un peu sur notre soif... En effet, après une première partie menée tambour battant et qui aligne de très beaux passages mémorables, le film se dilue, se répète et stagne un peu avant de prendre des directions très différentes à intervalles très courts, de quoi perdre un peu le spectateur cannois quand au propos tenu. Il en reste que le traitement fait plaisir à voir et l'humour parfois très noir n'est pas oublié.

On nous annonçait un mélodrame vampirique sulfureux et l'on a l'impression de s'être un peu fait avoir sur la marchandise, il n'en reste que Thirst, même s'il ne convaincra pas tout le monde, reste un très bon film qui souffre juste de sa narration trop alambiquée et de quelques longueurs.

3)
Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye

Je passerais très vite sur ce rattrapage... En effet je me suis endormi dès le début de la séance. Le film manque de rythme, quasi absence de dialogues, longueurs parfois insoutenables... Dur pour moi d'en parler correctement en en ayant vu que les scène sulfureuses qui paraissaient bien gratuites... Premier coup de gueule de la compétition.

4)
L'épine dans le coeur de Michel Gondry

Michel Gondry, sa famille et son équipe étaient à Cannes pour présenter un documentaire surprenant et bouleversant sur la tante de ce dernier. Filmé avec innocence et simplicité, ce documentaire dont je ne parlerais pas beaucoup pour ne pas en révéler de trop le contenu surprenant, nous touche droit au coeur, nous emporte et nous émeut aux larmes. Simple, magnifique et gondriesque,  ne pas manquer. Le film a d'ailleurs eu droit à une standing ovation bien méritée de 5 minutes. Un vrai coup de coeur et un des plus beaux films présentés à Cannes cette année pour le moment... mais malheureusement hors compétition. Ne le loupez pas à sa sortie en salles, cet OVNI vaut largement le détour.

A demain pour... Un prophète de Jacques Audiard, Taking Woodstock de Ang Lee et Mother de Bong Joon-ho...

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