Transformers

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

 

Voici avec un peu de retard (qui est dû à l’actualité noire du moment…) la critique de « Transformers » qui sera suivie de près par celle de « Les Simpsons : le film ». Rassurez vous ce blog n’a pas vendu son âme aux blockbusters estivaux mais là où je me trouve difficile de voir du film d’auteur en salles. Je vais donc par conséquent moins au cinéma ce qui se ressent au niveau du nombre de critiques et d’articles publiés. Revenons-en au blockbuster de l’été : « Transformers ». Présentation.

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Synopsis : Une guerre sans merci oppose depuis des temps immémoriaux deux races de robots extraterrestres : les Autobots et les cruels Decepticons. Son enjeu : la maîtrise de l'univers... Dans les premières années du 21ème siècle, le conflit s'étend à la Terre, et le jeune Sam Witwicky devient, à son insu, l'ultime espoir de l'humanité. Semblable à des milliers d'adolescents, Sam n'a connu que les soucis de son âge : le lycée, les amis, les voitures, les filles...  Entraîné avec sa nouvelle copine, Mikaela, au coeur d'un mortel affrontement, il ne tardera pas à comprendre le sens de la devise de la famille Witwicky : "Sans sacrifice, point de victoire !"

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Les filles sont ultra-bronzées, ultra maquillées et bien gaulées… Pas de toute c’est l’été et on est dans un film de Michael Bay. Ceux qui visitent plus ou moins souvent ce site doivent à peu près savoir (ou au moins deviner) ce que je pense de Michael Bay… grand patriote un brin excessif dans ses élans, metteur en scène qui veut que ça pète de partout parce que c’est cool, je vois Michael Bay comme un bon technicien (il sait mettre de grands moyens en marche pour des résultats souvent assez impressionnants visuellement ) mais pas comme un artiste. On a le droit de ne pas être d’accord avec ça. Mais c’est mon avis et je le donne. Alors, me direz-vous, pourquoi aller voir son nouveau film « Transformers » ?

 

D’abord par pur plaisir coupable. Puis pour se remémorer son enfance où l’on jouait avec ces robots transformables bien sympas, et puis surtout parce que Steven Spielberg produit… Le résultat à vrai dire est sans grandes surprises (sauf une, j’y reviendrais plus loin) : reprenant à nouveau des thèmes chers au cinéma américain contemporain (à croire qu’il a du mal à voir plus loin que le bout de son nez), bercé par son élan patriotique (on n’est pas loin de la justification de la guerre « préventive » en Irak) Michael Bay s’appuie sur un scénario léger aux concepts parfois douteux.

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Ceci est appuyé par une mise en scène poussée jusqu’à l’outrance : plans répétés sur la forcé armée des USA sur fond de coucher de soleil esthétisant (merci on l’avait pas déjà faite celle là tiens). Mais tout n’est pas à jeter non et on se laisse facilement entraîner dans les aventures du jeune Sam Witwicky, interprété par un Shia LaBeouf inspiré (et plutôt bien entouré) qui confirme le bien qu’on pensait de lui. Mais passé l’intérêt initial le film s’étire et se répète jusqu’à plus soif pendant une longue période de 2h24…

 

Usant ? Un peu mais comment ne pas s’ébahir devant le formidable travail des équipes d’ILM qui étaient en charge des effets spéciaux du film. En effet, le rendu est tout simplement extraordinaire et c’est bien là LA surprise du film. Sur le plan technique il faut avouer que « Transformers » mais tout autre bon blockbuster qui se respecte purement et simplement au tapis. On en prend plein les yeux (et malheureusement parfois plein les oreilles car le son est un parfois trop saturé) pour notre plus grand plaisir.

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Le réalisateur joue vraiment sur des codes bien établis : amour des jolies filles et des belles voitures racées (qui au final se rapproche même du fétichisme métallique) qui se révèlent être des robots extraterrestres qui viennent sauver le monde (donc l’Amérique si vous avez saisi l’enchaînement…), tout ado pré-pubère y trouvera son compte. Doublez ceci du plaisir « enfantin » de retrouver ces robots qui faisaient notre joie lorsque nous étions gamins et vous obtenez une recette phénoménale au box office. Alors Transformers ? J’en pense quoi au final ? « Wow cool » : Voilà ce que Michael Bay a déclaré qu’il voulait que ses spectateurs disent en sortant de la salle. Alors certes « wow c’était cool » mais comme le dit si bien George Clooney : «Okay but what else ? »…

 

Note : 2,5/5

 

Un blockbuster plutôt bien réussi aux concepts patriotiques poussifs et parfois douteux mais auquel on ne peut pas reprocher ses formidables effets spéciaux. Du spectacle en voulais-tu ? En voilà.

Publié dans Critiques de films

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Glopf 17/10/2007 11:21

Imaginez-moi assis à une table dans un grand café parisien. J’attendais impatiemment l’arrivée de Michael Bay, le réalisateur de Transformers. C’était ma première interview et la star des réalisateurs des films d’action ricains était en retard… d’une heure ! Enfin il arriva ; je me levai et lui fit un signe de la main ; il m’aperçut, traversa la salle dare-dare – manquant de bousculer le serveur – et s’assit devant moi sans me regarder. Il posa son chapeau texan sur la table, se recoiffa et, au serveur qui s’était rapproché de nous, commanda un hamburger. Je préparai pendant ce temps mon enregistreur de poche. Puis il mit les pieds sur la table en avalant son chewing-gum bruyamment. Sans préambule, direct, cash, il me posa la question suivante : « pour vous, suis-je un auteur ? ». Surpris, je réfléchis un moment. J’hésitai à lui dire que c’était moi qui posai les questions aujourd’hui mais la réputation de tyran du bonhomme me fit vite faire machine arrière. D’une voix neutre, je lui répondis : - « si pratiquer une mise en scène reconnaissable entre mille – même si celle-ci est agitée de soubresauts injustifiés – prouve l’existence d’un point de vue, d’un regard singulier sur le monde, alors oui M. Bay, vous êtes un auteur. Sur ce point, je partage l’avis de M. Spielberg, votre producteur. A l’inverse, flatter le spectateur dans ce qu’il a de plus vil et de plus bête – à votre décharge, beaucoup de vos confrères à Hollywood l’ont fait, le font et le feront encore – lui pré-mâcher le travail avec des scripts insipides et l'abrutir à grands coups d'effets spéciaux et de dollars, ce ne sont pas vraiment les preuves d’une grande intégrité artistique. » Il m’a regardé la bouche grande ouverte et a enfourné son hamburger dedans. Pendant qu’il finissait de mastiquer sa viande, je conclus. « Pour être franc, votre montage me fait l’effet d’une visite à Sainte-Anne ! ». Il se leva alors d’un bond. Zut ! J’y étais peut-être allé un peu fort. Il laissa quelques dollars sur la table, mis son chapeau sur sa tête de vainqueur et me serra chaleureusement la main. « - Vous, les Français, vous savez parler du cinéma. Dommage que vous ne sachiez faire que ça ! » Il partit là-dessus, en s’esclaffant. Aux dernières nouvelles, il prépare Transformers 2. Et moi, je rêve toujours de cinéma d’auteur. Michael Bay n’était sans doute pas le meilleur interlocuteur.