ça rend heureux

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

 

Joachim Lafosse est un jeune cinéaste belge que j’ai découvert en France par son deuxième long-métrage « Nue propriété » qui était en compétition à la 62ème Mostra de Venise et dont vous pouvez retrouver ma critique ici : critique de « Nue propriété ». Ce film m’avait particulièrement impressionné par sa maîtrise, mais le premier long-métrage de ce jeune réalisateur restait jusqu’alors inédit en France. Suite au succès de « Nue propriété », voici pour nous l’occasion de découvrir (enfin) sur les écrans français son premier long-métrage « ça rend heureux ». Présentation.

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Synopsis : Fabrizio, cinéaste sans emploi, décide, avec l'énergie du désespoir, de tourner un nouveau film, fauché, sauvage, inspiré de son quotidien et de l'expérience de ses proches. Toutefois, son désir de mêler réalité et fiction ne manquera pas de déstabiliser son entourage.

La première chose qui choque à la vision de ce premier long-métrage c’est son opposition totale au style développé par leur réalisateur dans son deuxième film. Là où « Nue propriété » était un drame filmé en plans fixes et avec une très grande rigueur, « ça rend heureux » est une comédie ironique voire même un poil satirique sur l’univers du cinéma, tournée entièrement à la caméra portée. Ce choix peut en effet en surprendre plus d’un mais on se rend vite compte qu’il est un choix assez efficace pour retranscrire l’énergie et l’urgence des situations dans lesquelles se retrouve Fabrizio, jeune cinéaste à visée « auteuriste » et alter ego du réalisateur.

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Car en effet, le film a des bases autobiographiques. Quoi de plus normal que de vouloir parler de soi ? Quel auteur n’injecte-t-il pas des pans entiers de sa vie dans ses films ? Pensez à Bergman par exemple… Mais ici cette visée autobiographique est doublée d’une réflexion sur la création cinématographique et la difficulté des moyens de production des films indépendants. On assiste ainsi à la mise à plat du processus de création cinématographique : de la naissance de l’idée de base, à l’écriture du scénario tout en passant par les réunions de pré-production, le tournage et le montage du film qui donne par ailleurs lieu à une séquence dotée d’un bel élan comique.

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L’humour est en effet au centre du film dans lequel le réalisateur s’attache à décrire toutes les difficultés rencontrées par Fabrizio au cours de l’élaboration de son projet. Seulement voilà, un reproche que l’on pourrait faire au film est son attachement à ce milieu si particulier qu’est le cinéma ce qui donne parfois (souvent) lieu à des situations comiques qui ne pourront être décryptées comme telles que par un public averti qui a déjà connaissances de l’organisation d’un tournage. Autre défaut, malgré l’énergie ambiante insufflée dans le film, ce dernier manque de rythme et l’on s’ennuie assez ferme au début du film lorsque l’on s’attache à nous décrire en détail la situation de Fabrizio. J’irais presque jusqu’à dire que le film possède des longueurs malgré sa courte durée (1h25).

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Heureusement, Joachim Lafosse parvient assez vite à attirer l’attention du spectateur et à la fixer. Libre à nous alors de rire et/ou de s’émouvoir du parcours bien singulier de ce jeune auteur en galère. La mise en abyme, principe du film, est ici classique mais efficace, se révélant parfois même assez astucieuse : n’assistons nous pas au tournage du film que nous sommes en train de regarder ? Au final, « ça rend heureux » est  un film sincère, franc et sympathique qui nous démontre une nouvelle fois que le cinéma « ça rend heureux » et ce n’est pas moi qui vais affirmer le contraire !

 

Note : 2,5/5

 

Note moyenne pour un film au final assez moyen qui souffre d’un manque de rythme et qui se destine avant tout à un public familier de l’univers de création cinématographique. L’autobiographie ne réussit pas à tout le monde. « ça rend heureux » reste néanmoins un film agréable.

Publié dans Critiques de films

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