Une vieille maîtresse

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Voici la critique du nouveau film de Catherine Breillat « Une vieille maîtresse » qui était en compétition au 60ème festival de Cannes, représentant la France mais étant rentré bredouille.

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Synopsis : Paris, 1835... Comme pour conjurer les soubresauts de l'époque, la noblesse se pique au jeu des Liaisons dangereuses, (un demi-siècle après la publication du roman épistolaire de Choderlos de Laclos), feignant de se croire encore au siècle des Lumières. La Marquise de Flers décide de marier sa petite fille, fleuron de l'aristocratie française, avec Ryno de Marigny, une sorte de Valmont romantique. Mais ce que tout le monde ignore c'est que ce Don Juan, impénitent, est depuis 10 ans l'amant et la proie d'une courtisane scandaleuse, démon de la séduction, fille naturelle d'une duchesse et d'un toréro.

On en le répétera jamais assez, le film d’époque en costumes n’est pas un genre qui réussit au cinéma français (à l’exception des films de Jean-Paul Rappeneau). Il arrive cependant que quelques exceptions apparaissent sur nos grands écrans. « Une vieille maîtresse » se place dans cette lignée même si l’on ne peut s’empêcher de lui faire des reproches. Flashback : 2004. Catherine Breillat subit une attaque cérébrale soudaine qui la laisse paralysée du côté gauche. Bien décidée à se battre, la cinéaste s’accroche à la vie et surtout à l’art qui sera pour elle la source de son nouveau départ. 2007 : la voici de retour sur les écrans avec un projet qui lui tient énormément à cœur, l’adaptation d’un roman de Barbey d'Aurevilly un auteur du XIXème siècle : « Une vieille maîtresse ».

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Dans ce nouveau film, la cinéaste travaille ses thèmes de prédilections et notamment la sexualité tout en livrant ici un film que certains considèreront comme assagi par rapport aux antécédents de la réalisatrice qui était connu pour son côté très provocateur et sulfureux qui a fait couler beaucoup d’encre. La structure scénaristique du film est en soi intéressante, mélange de différentes temporalités agencées autour d’un récit (on peut considérer la moitié du film comme un flashback). De récits il sera d’ailleurs beaucoup question dans le film. Dès le départ, un intertitre nous situe le lieu et l’époque : Paris, 1835. A l’époque de Choderlos de Laclos, l’auteur des « lisaisons dangereuses ». Le titre de ce roman ne sera jamais cité et pourtant il est partout, présent en filigrane tout au long du film.


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Jeux de séduction, d’amour et d’emprise, là où se mêlent dangereusement sexe et violence, passion et domination, Breillat retrouve ici des thèmes qui lui sont chers et livre un film que l’on pourra lire comme étant très féministe. En effet, la part belle est donnée aux personnages féminins, très forts autour desquels gravite un électron libre, Ryno de Marigny, qui cède au jeu des passions, homme fort en apparence mais faible en réalité, victime du propre courroux de son désir irrépressible. Un vrai chassé-croisé s’opère entre les différents personnages, un triangle amoureux pour le moins étrange se forme. Breillat le rend particulièrement bien à l’écran, s’attachant à la description de caractères animaux et passionnels puissants qui secouent la bourgeoisie frivole.


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L’ensemble est plutôt bien mis en scène mais parfois traîne en longueur et devient ennuyeux. On a un sentiment de répétition, la sensation de tourner un peu en rond, ce qui est parfois désagréable. Mais le film est surtout le théâtre de nombreuses révélations en la personne notamment de Fu'ad Ait Aattou et de Claude Sarraute qui occupent délicieusement l’écran et canalisent l’attention du spectateur. Le casting en son ensemble est plutôt réjouissant même si Asia Argento est selon moi un choix discutable : on ne comprend pas tous ces dialogues et sa prestation ne m’a pas particulièrement marquée au contraire de celle de Roxane Mesquida qui pourtant à un rôle tout de même plus secondaire. Les rôles secondaires sont assez délicieux notamment celui de Yolande Moreau, parfaite. Un film certes intéressant mais pas très marquant.

 

Note : 3/5

« Une vieille maîtresse » se laisse regarder avec plaisir malgré sa longueur et l’ennui qu’il peut parfois provoquer. Le film annonce le retour en grâce d’une cinéaste qui nous prouve ici qu’elle sait se renouveler.

Publié dans Critiques de films

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vincent 18/06/2007 02:21

Apparement, j'ai plus aimé ce film que toi ! A part ça, je trouve que tu écris de mieux en mieu :) Beau boulot. A+ !

Alban 18/06/2007 10:22

Merci Vincent pour ce gentil commentaire doublé d'encouragements ;-)