Découverte court-métrage : "L'immature" d'Adrian Smith

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Parfois on découvre de petits chefs-d’œuvre qui ne demandent qu’à se diffuser. « L’immature » est un de ces courts-métrages que l’on voit sans oublier, qui marque, qui vous hante longtemps après la diffusion et dont vous n’avez aucun mal à vous rappeler le moindre plan, la moindre séquence. J’ai eu la chance de le découvrir il y a peu à la Cinémathèque, lors d’une séance découverte. Tourné en 35 mm avec peu de moyens, le film est réalisé par Adrian Smith, cinéaste, écrivain, scénariste et enseignant, qui participa à la création du collectif EvidenZ (ça ne vous rappelle rien ?) au sein duquel il a réalisé plusieurs films expérimentaux en pellicule et en vidéo. Il prépare actuellement le tournage de son premier long métrage, « Louise Lateau », et croyez-moi, il y a de quoi être impatient.

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D’une durée de 30 minutes, qui passent à une vitesse folle, « l’immature » donne envie d’en voir plus d’en savoir plus sur ce mystère. En effet, l’histoire est la suivante : « Lee, une jeune femme fascinée par l’échographie high-tech de son bébé, apprend que son enfant va naître prématurément. Un matin, elle se réveille avec le ventre plat, son bébé a disparu. ». De ce point de départ extrêmement audacieux et prometteur, Adrian Smith tire un film aux penchants fantastiques d’une grande rigueur dans lequel se tend, sous-jacent, une réflexion sur la différence de perception et d’incarnation entre corps virtuel et corps réel. L’image fascine-t-elle au point de venir en modifier le réel ? Et c’est cette perte de repères entre réel et virtuel qui est à l’origine de la création d’une psychose à tendance schizophrène de l’héroïne principale, magnifiquement interprétée par Aude Py, une scénariste de métier.

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Penchant du côté des thèmes inhérents à l’œuvre de David Cronenberg, avec une même fascination pour la matière organique et la dichotomie réel et virtuel (souvenez vous d’ « ExistenZ » ou de « Vidéodrome »), le film emprunte aussi à David Lynch au niveau du travail sonore. Certains plans évoquent même Stanley Kubrick et son « Shining ».Le film n’a donc pas à pâlir de ces références. Mais il s’en détache aisément et devient un objet singulier, façonné par son réalisateur, laissant des portes ouvertes dans la diégèse à l’attention du spectateur et  son interprétation. Certains reprocheront donc à Adrian Smith d’avoir employés trop de symboles inexpliqués dans son film, mais il faut dépasser ce simple fait et l’on pourra alors pleinement apprécier le superbe travail de cadre et de lumière de Josée Deshaies, la mise en scène stylée et le montage de ce court-métrage qui au moins ne laissera pas indifférent. Preuve en est des différentes sélections du film dans des festivals renommés : Clermont-Ferrand et Brive entre autres.

 

Une autre projection publique du film devrait avoir lieu à Paris dans les mois qui viennent, comptez donc sur moi pour vous tenir au courant afin que vous ne ratiez pas cette expérience. En attendant, pour vous allécher, rendez-vous sur le site de Sycomore films pour découvrir la bande-annonce du film (une fois sur le site il vous faut cliquer sur la télé, puis sur "Production", "Fiction",  "L’immature" et enfin sur  "Voir le teaser").

 

Bon visionnage et @ bientôt,

 

Alban.

Publié dans Court-métrage

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