Les chansons d'amour

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Début de la vague de critiques des films qui étaient en sélection au festival de Cannes cette année et qui sont sortis simultanément en salles. On commence la série avec « Les chansons d’amour » de Christophe Honoré et on la poursuivra demain avec la critique de « Le scaphandre et le papillon ». Bonne lecture et @ demain !

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Synopsis : En couple avec Ismaël depuis neuf ans, Julie a peur de la routine, de l'usure, de l'évaporation graduelle du désir. C'est elle qui a donc pris l'initiative, depuis un mois, d'un ménage à trois avec Alice, copine et collègue de bureau d'Ismaël dans le petit journal dans lequel ils travaillent. Pourtant ce n'est pas la solution idéale. Il y a des hauts et des bas, et la jalousie guette. Mais Julie continue d'aimer Ismaël, et Ismaël continue de préférer Julie, Alice n'étant qu'un accessoire sentimentalo-sexuel. Jusqu'au jour où le jeu s'arrête, à cause d'un drame brutal qui va conduire tout le monde à un nouveau départ...

Seulement six mois après « Dans Paris », Christophe Honoré poursuit son hommage poussé et parfois poussif à la Nouvelle vague. Le film le revendique clairement dès son générique, évoquant Godard, et jusque dans le déroulement de son tournage caractérisé par son urgence et son économie de moyens. Largement inspiré du cinéma de Jacques Demy, ce que revendique le réalisateur, le film n’a pas pour autant à en pâlir. Pari gagnant semble-t-il car le film a été sélectionné dans la foulée pour la compétition officielle du 60ème festival de Cannes.


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Divisé en trois chapitres (le départ, l’absence et le retour), le film traite du délicat sujet du deuil et de l’absence qui s’en suit. Ainsi, après un début léger, que nombreux jugeront trop mièvre, la tragédie arrive de façon soudaine et totalement inattendue. C’est là que le film brise le cœur et sombre dans une douce mélancolie tour à tour renforcée ou prise à contrepoint par les chansons inspirées d’Alex Beaupain, qui prennent un ton résolument pop, qui n’est pas pour desservir le propos. On ne ressent d’ailleurs pas le passage aux chansons, qui se révèlent être la parfaite continuité des dialogues.

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Honoré nous livre un film générationnel qui s’inscrit clairement dans son époque en dressant le portrait d’un Paris contemporain, une affiche de campagne de Nicolas Sarkozy étant volontairement entrevue. Mais le film est avant tout un drame musical à la fois gai et grave. On y chante parce qu’on est heureux, parce qu’on est en vie et que l’on aime puis on y chante pour y exorciser sa douleur, pour pallier à l’absence et pour panser ses plaies. Ce qui marque, c’est la poésie du film malgré son sujet assez lourd qui aurait pu vite verser dans le pathos et la complaisance.

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Ici c’est la sobriété qui l’emporte, la douleur étant intériorisée par les personnages, et ne ressortant qu’à travers la chanson, véritable cri expiatoire lancé à la face de la mort mais aussi de la vie, qui se fait nouvelle ennemie, forçant les personnages à se confronter à l’absence irrévocable d’un être aimé. Le tout est servi par une mise en scène inventive qui donne à voir de belles séquences comme de la visite au cimetière. La magnifique interprétation de l’ensemble des acteurs (et notamment Louis Garrel, parfait) ne fait que renforcer notre plaisir. Tout cela fait que l’on ressort bouleversé de ces chansons d’amour, des airs dans la tête et la tête dans les airs, conscient d’avoir passé un moment magique, hors du temps.

Note : 4/5

Les chansons d'amour est un film original qui, malgré le fait qu'il soit construit en hommage, possède sa propre identité. Un vrai moment de plaisir servi par des acteurs fascinants.

Publié dans Critiques de films

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moun 03/06/2007 21:55

superbe ta critique çà donne envie de voir ce fimm qui à l'air génial