Loin d'elle

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

L’article du jour est la critique très tardive de « Loin d’elle » de Sarah Polley.


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Synopsis : Fiona et Grant sont mariés depuis 45 ans, ils ont surmonté les épreuves, l'usure du temps et s'aiment tendrement. Pourtant, Fiona a des pertes de mémoire de plus en plus fréquentes. Apprenant qu'elle souffre de la maladie d'Alzheimer, elle décide de se faire admettre en maison spécialisée. Grant ne sait comment gérer cette séparation, rongé par la culpabilité. Impuissant, il regarde Fiona s'éloigner de lui et tomber amoureuse d'un autre patient. Grant arrivera-t-il à gérer la situation et ses sentiments ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que Sarah Polley n’a pas choisi la facilité pour son premier long-métrage. En effet, traiter de sujets aussi délicats que la maladie d’Alzheimer et l’amour entre personnes âgées n’est pas chose aisée. Mais la jeune réalisatrice s’en sort très bien et en tire un film d’une sensibilité et d’une justesse rare le tout avec une très grande maturité. D’ailleurs, les professionnels ne s’y sont pas trompés car le film a été présenté au Festival de Berlin, dans le cadre du Panorama, à Sundance en 2007, ainsi qu'à Toronto en 2006.


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La force du film de Sarah Polley, c’est de s’attacher aux personnages et de ne plus les quitter, de décrire la lente déchéance de Fiona et le désarroi de Grant son mari face à cet évènement. En cela, les acteurs sont extrêmement bien choisis, restituant une palette d’émotions intenses et communicatives. La réalisatrice s’attache à décrire l’immense amour qui existe entre ces deux êtres et l’apparition d’une maladie qui remet tout en question, et qui amène chacun d’entre eux volontairement ou pas à remettre cet amour en question et à éventuellement refaire leur vie.


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Il y a plus d’un moment déchirant dans ce film mais point de pathos dégoulinant comme on pourrait le croire. Tout est retranscrit avec une justesse exemplaire. L’amour entre personnes âgées nous est montré comme pourrait l’être tout autre amour à la différence que ce dernier a résisté à l’érosion du temps et qu’il est donc d’autant plus dur de faire face à un évènement si soudain qui vient tout remettre en question. Pas de flashback ici, tout se vit au présent, un présent que paradoxalement Fiona perd progressivement de vue. Sarah Polley dresse le magnifique portrait d’un couple que rien ne séparera malgré tout et dévoile par-là même un potentiel de réalisatrice que l’on serait bien bête de nier ou d’oublier !

Note : 4/5

Un premier film très touchant et très réussi aussi bien sur le plan technique que scénaristique. Traiter un sujet délicat avec autant de poésie et de maturité n’est pas donné à tous. Sarah Polley  en a trouvé la voie.

Publié dans Critiques de films

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