Anna M.

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Voici la critique d'Anna M. Un film français qui était en compétition au 57ème festival de Berlin cette année.

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Synopsis : Atteinte de l'illusion délirante d'être aimée, Anna, jeune femme douce et réservée, se persuade que le docteur Zanevsky est amoureux d'elle. Dès lors, rien, jamais, n'entamera sa conviction... Mais après l'espoir, viendra le dépit, puis la haine...

Pour son troisième long-métrage, Michel Spinosa a décidé d’aborder un thème plutôt délicat. En effet, ce dernier se penche sur une maladie psychiatrique méconnue : l’érotomanie. Non, l’érotomanie n’a aucun rapport direct avec l’érotisme. Il s’agit tout simplement d’une maladie du groupe des psychoses qui se construit autour de la conviction délirante que l’on est aimé par une personne.

 

L’idée scénaristique ingénieuse de Michel Spinosa est d’avoir divisé son film en 4 chapitres, chacun d’entre eux correspondant à une étape de l’évolution de la maladie (illumination, espoir, dépit et haine). Il en naît une organisation simple et extrêmement précise du récit qui gagne progressivement en puissance jusqu’au climax absolument terrifiant lorsque Anna est enfermée dans sa chambre d’hôtel. Notons que le travail du son est particulièrement ahurissant dans cette scène qui n’est pas sans rappeler « Répulsion » de Roman Polanski avec Catherine Deneuve (oui Vincent, on sait) qui a été une des sources d’inspiration majeures du cinéaste.

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Après une exposition ingénieuse qui, presque sans aucun mot prononcé met idéalement en place le personnage d’Anna et sa caractérisation. On assiste alors progressivement à l’évolution de la maladie chez Anna, à sa chute progressive dans une forme de folie très particulière jusqu’à son traitement et sa (véritable ?) guérison. En ce sens la fin du film est plus qu’ambiguë dans le sens où plusieurs interprétations y sont possibles (ce que souhaitait le réalisateur).

 

Anna est incarnée par Isabelle Carré, totalement submergée dans le rôle. Elle est ici éblouissante et porte presque seule le film sur ses épaules. Nul doute que la réussite du film tient en grande partie de cette interprétation incroyable. Son physique de femme enfant colle à la perfection au personnage dont les comportements se rapprochent de l’infantilisme. Gilbert Melki en docteur surpassé par les évènements confirme son talent.


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La mise en scène, sert (et c’est bien là la moindre des choses) à merveille le propos du film, dirigée d’une main de maître par Spinosa. Une mise en scène au scalpel (si j’ose dire) quasi clinique mais non dénuée d’émotions, très précise et justifiée qui renforce le sentiment d’angoisse croissant distillé par le scénario très rigoureux et bien écrit. Tout ceci va de pair avec l’utilisation de la musique qui met en place l’atmosphère lourde et angoissante de ce drame intimiste.

 

Note : 4/5

 

Anna M. est sans conteste un des meilleurs films français de ce début 2007, d’une rigueur incroyable que ce soit au niveau scénaristique ou dans la mise en scène. Le film porté par une Isabelle Carré en quasi état de transe ne vous laissera pas indifférent. Un grand film.

Publié dans Critiques de films

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