Dans les cordes

Publié le par Alban

Bonjour à tous !

Voici la critique de "Dans les cordes" en guise d'article du jour (et un article bonus sur Cannes aussi).


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Synopsis : Joseph s'occupe d'un club de boxe française où il entraîne sa fille et sa nièce depuis leur enfance.
Le soir de la finale des Championnats de France, la victoire de l'une et la défaite de l'autre vont mettre en péril l'équilibre de ce trio. Entre Angie et Sandra, autrefois complices, élevées comme deux soeurs, une dangereuse rivalité s'installe. Et elle va bien au-delà du ring.


Premier long-métrage de Magaly Richard Serrano, « Dans les cordes » se déroule dans le milieu de la boxe française qui est bien connu de la réalisatrice ayant elle-même été double championne de France dans ce domaine avant de céder à l’appel de la caméra. Une femme dans le milieu d’ordinaire très masculin de la boxe, cela n’est pas sans rappeler « Million dollar baby » de Clint Eastwood mais les deux long-métrages sont en fait très différents.

 

En effet, « Dans les cordes » se présente comme une chronique familiale et sociale le tout sur fond de boxe. Ainsi, le film s’applique à dresser le portrait d’une famille aux relations tumultueuses, composée d’un entraîneur, de sa femme et de ses deux protégées qui ne sont autres que sa nièce et sa fille, Sandra et Angie. Ils vivent dans une cité en banlieue parisienne et pour eux la boxe est une échappatoire leur fournissant une raison de vivre, apportant un sens à leur vie. Mais l’équilibre relationnel des deux jeunes femmes est précaire et une lutte, qui va s’étendre bien au-delà du ring, s’installe entre elles. Lutte qui n’en sera que renforcée par un mystérieux secret de famille.

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A travers ces deux personnages, on peut penser que la réalisatrice traite les deux facettes d’une même personne (peut-être elle-même ?) mais leur dimension psychologique et surtout leur rapport à la pratique de leur sport sont radicalement opposés : Angie est une travailleuse qui doute et traverse une période de crise tandis que Sandra est plus nonchalante et dévorée par l’ambition. La réalisatrice dresse ici de beaux portraits de personnages blessés par la vie et qui sont incarnés par un groupe d’acteurs inspirés (mention spéciale à Louise Szpindel). A cela vient se greffer une réflexion sociale sur les causes qui amènent à pratiquer un sport aussi exigeant et violent que la boxe.

 

Cette partie, traitée plus ou moins implicitement tout au long du film, est renforcée par le très grand souci de réalisme de la mise en scène ce qui lui procure un aspect parfois proche du documentaire. Mais le film n’est cependant pas sans défauts. La mise en scène est parfois un peu trop répétitive. Des maladresses scénaristiques sont présentes et ces dernières amènent ainsi de manière un peu poussive certaines révélations notamment celle de la généalogie de Sandra, faite par l’intermédiaire de la radio qu’écoute, comme par hasard Angie à ce moment là. Il y a également une trop forte volonté « psychologisante » qui en devient presque caricaturale notamment à la fin du film qui est de ce fait, plutôt confuse.

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Note : 2,5/5

« Dans les cordes » est donc un premier film loin d’être déplaisant mais ne peut pas être considéré comme une réussite totale. On suivra néanmoins le parcours de la jeune cinéaste et de son actrice, Louise Szpindel.

Publié dans Critiques de films

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